Élu?

En voilà un thème qui correspond à l’actualité ! Elu, en 2012, qui sera l’élu ? Pour nous chrétiens, la référence à l’élection est somme toute assez amusante et fait apparaître un grand nombre de débats théologiques au cours des temps...
Le peuple élu, Israël et les douze tribus, a été choisi par Dieu pour être le peuple élu (Exode 19/5-6). Il s’agit de la première alliance conclue entre Dieu et Moïse... Bref c’est très ancien, mais l’amour de Dieu est signalé dans cette alliance comme l’amour d’un jeune homme envers sa fiancée selon le prophète Osée. Osons-nous aimer Dieu ?
Elu, pour nous les protestants, cela résonne particulièrement et vivement avec la Sola Gratia. Les chrétiens sont un peuple choisi par Dieu, qui lui donne sa grâce. Effectivement comme nous puisons notre vérité dans la seule Bible, socle de la connaissance de la volonté divine, la question du choix divin a nourri un certain nombre de disputatio. Ainsi, nous en conviendrons, le peuple élu est bien celui du décalogue, au premier commandement (Exode 20/2) « Je suis YHWH, le Seigneur ton Dieu ; c’est moi qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison des esclaves ». Dieu est encore, malgré ce commandement, plus grand. Sa vertu transcendantale est bien supérieure encore, indéfinissable. Dieu nous donne le choix de le suivre (Josué 24/15-22) ou pas...
Revenons en 2012. Qu’en est-il de ces deux élections françaises qui vont ponctuer ce semestre ?
Effectivement, le choix est difficile tant la situation socio-économique de notre pays est délicate, délicate au présent comme dans un futur proche. Je ne peux, me semble-t-il, que vous inviter à ouvrir votre cœur dans la prière. En tant que chrétien, par ces temps, où comprendre les événements, où discerner le vrai du faux devient très difficile, je vous invite à prier. Peut-être maintenant, notre force est-elle d’accompagner nos dirigeants, nos élus, dans la conduite de leur fonction par nos prières de sagesse et de paix.
Par la grâce et pour l’amour du monde, Amen.

Jean-Baptiste Rozier

Etre élu dans l’Eglise

Les élections
Les statuts des associations cultuelles (Article 4) sont formels : les élections du conseil ne se font pas au suffrage universel mais les conseillers sont élus par les membres de l’assemblée générale régulièrement convoquée avec un ordre du jour.
Pour être élus, les conseillers doivent avoir la majorité absolue des membres présents ou représentés ; la majorité relative n’est pas possible ; cela peut nécessiter plusieurs tours de scrutins.
Les personnes qui se présentent ou sont présentées à l’élection, n’ont pas de « mandat politique » à défendre. L’élection confère non pas individuellement, mais collégialement, la responsabilité de fidélité à l’Evangile et la recherche du bien commun de l'Église, aussi bien au niveau local que national (délégation synodale).
Le conseil presbytéral
Il doit comporter au minimum 6 membres ; le nombre exact est déterminé, juste avant les élections, .dans la fourchette désignée dans les statuts. Il n’y a pas de membres cooptés, et les invités ne le sont que pour le ou les points les concernant à l’ordre du jour.
Le conseil presbytéral répartit les tâches en son sein, selon les dispositions légales (un bureau), et selon les activités de l’église : d’abord les délégations aux consistoire et synode ; ensuite les missions au sein de l’église locale (groupes divers, commissions, etc.) et auprès d’autres instances (œcuménisme, œuvres).
Les conseillers élus et les membres de droit (pasteurs) sont solidaires les uns des autres. Ensemble, ils ont à demeurer vigilants dans la prière, persévérants dans l’écoute de la Parole, fidèles au repas du Seigneur et assidus aux assemblées de l’église ; ils ont ainsi à cœur de renouveler l’élan de leur ministère (liturgie de reconnaissance).
Le conseil exerce un ministère collégial de gouvernement au sein de l’église. Un ministère est une responsabilité spirituelle, c’est une participation au ministère pastoral qui n’est pas du seul ressort du pasteur ; il va au-delà de la fonction administrative, de la gestion des biens et des questions financières. C’est en tant que « groupe » que le conseil exerce ce ministère, en tant que corps, et non les conseillers individuellement.

Gouverner l’église

Expression surprenante pour certains ! Notre Église n’établit pas de séparation des pouvoirs entre un conseil (qui serait l’exécutif) et une assemblée (qui serait le législatif). C’est le conseil qui a les pouvoirs les plus étendus, et l’assemblée générale a des compétences limitées de façon précise et fixées par les statuts.
La répartition des tâches selon les compétences au sein du conseil est source de richesse. Un effort doit être exercé pour discerner quels sont les dons, qualités et compétences de ses membres (futurs et actuels). Et ce, dans la réelle diversité des services possibles au sein de la communauté, afin qu’elle remplisse sa mission (I Corinthiens 12 est une référence à ce sujet).

Un sacerdoce

Le sacerdoce universel affirme que « nous sommes tous consacrés prêtres par le baptême ». Être prêtre avec Jésus Christ, voilà notre responsabilité de chrétiens – et de conseillers.
Marc Labarthe

Élection et vocation

Entre Dieu et son peuple, une histoire d’élection se joue. Israël a une place particulière aux yeux de Dieu, et cela fait de lui un peuple élu. Cette relation privilégiée se situe entre deux pôles indissociables ; d’un côté s’établit une relation exclusive, comme celle qui lie une fiancée à l’élu de son cœur : un amour sans partage ; de l’autre côté, surgit une vocation : l’élection s’inscrit dans un projet plus vaste, le peuple élu est porteur d’une mission ; il est révélateur du projet de Dieu pour l’humanité dans son ensemble.
Les Églises chrétiennes associent la notion de vocation à celle d’élection. Le croyant est appelé, il est mis à part. C’est le sens du mot « saint » que l‘apôtre Paul emploie pour désigner les membres de l’Église. De ce point de vue, tous les croyants sont des élus, ils ont une place particulière dans le cœur de Dieu, une relation particulière avec le Christ. En même temps, cet appel, cette élection, leur confèrent une mission particulière, une vocation : proclamer cet amour au monde. Telle est la tâche de chaque croyant et de toute l’Église.
Il faut le dire clairement : l’Église n’est pas une démocratie. Christ est le seul chef de l’Église ; le peuple n’y est pas souverain. Le statut des membres de l’Église et celui des responsables s’ordonnent à cette réalité de foi. Cela implique que nul ne peut se proclamer lui-même dirigeant. Un discernement collectif est nécessaire. Les Églises diffèrent entre elles dans la façon d’exercer ce discernement, mais toutes le pratiquent d’une manière ou d’une autre.


Les deux pôles – relation privilégiée et mission particulière – entrent en jeu dans le discernement. On parle aussi de vocation interne et de vocation externe. Celui qui se sent appelé est seul juge, devant Dieu, de la réalité et de la qualité de son appel. Un discernement personnel s’exerce, pour lequel on peut évidemment demander conseil et orientation. C’est la dimension interne de la vocation. Mais il appartient à l’Église, par ses diverses instances, de déterminer si cette vocation correspond à la mission et aux tâches auxquelles une personne se sent appelée. C’est la dimension externe de la vocation.
On parle volontiers de cela pour les pasteurs, mais il convient de souligner, alors que les autorités locales sont renouvelées cette année, que c’est aussi valable pour les conseillers presbytéraux, qui exercent, selon les termes de la Discipline de notre Église, un ministère local. Pour ces conseillers, le discernement collectif s’exerce doublement : d’une part, le Conseil Presbytéral a la tâche de proposer des candidats à l’élection. D’autre part, l’Assemblée de l’Église a la responsabilité d’élire les conseillers qui lui sont proposés. Il en va de même des conseils de communauté locale.
L’enjeu spirituel de toute responsabilité ecclésiale est de trouver l’équilibre entre la vie intérieure, personnelle, exclusive d’une certaine manière, et l’exercice d’une fonction à laquelle on a été nommé pour un temps, et dont on a à rendre compte.
Nicolas Cochand

Micro-trottoir:Souvenirs et apprentissages de conseillers presbytéraux !

Ce que j’aime le plus, ce sont les moments d’échanges fraternels et constructifs où ensemble on débat-en s’écoutant les uns les autres, ou la solution paraît claire à mes yeux et qu’ensuite je vote en connaissance de cause. Il y a aussi les moments de repas partagés, le week-end où la décontraction du moment est très agréable ;
La gestion d’une Eglise est vaste, riche, et intéressante : je n’imaginais pas tout ce qu’il faut traiter et appréhender  et tout ce que je découvre ! La mission est grande et qu’il n’y a pas assez d’ouvriers qui se manifestent. Si chacun donnait un peu de son temps et de ses compétences, l’entraide, au service de notre église, serait répartie sur un plus grand nombre, et donc, serait plus légère.
Annie Brouwer Moreau

Au Conseil Presbytéral depuis 6 ans, j’ai dû assister à environ 70 séances ordinaires et extraordinaires, et, j’avoue, je n’en ai aucun souvenir.
Par contre, j’ai gardé en mémoire les week-ends du conseil, quand les membres se retirent « en conclave » pour passer le week-end ensemble, certes, pour travailler et prendre des décisions, mais aussi pour mieux se connaître, pour manger ensemble, pour échanger… Et la soirée du samedi soir, qu’on veut ludique,(la dernière demandait aux présents de reconnaître des cantiques) dévoile des talents et nous permet de nous amuser et de rire ensemble ; c'est la base pour devenir un vrai groupe.
Ute Gazzini

Mes meilleurs souvenirs au Conseil Presbytéral sont principalement lors des week-ends de rentrée, où les conseillers se retrouvent pour un temps à part, dans un cadre propice aux échanges et à une meilleure connaissance les uns les autres. C’est généralement lors de ces moments que l’on prend le temps de la réflexion sur les grandes orientations que nous souhaitons pour notre église.
Être conseiller presbytéral m’a fait prendre conscience des enjeux et de la responsabilité de notre église à la fois vers tous les membres qui la constituent mais également envers la société et les laissés pour compte.
Laurent Barraud

Mon meilleur souvenir ? : le fou rire lors d'un week-end presbytéral annuel, quand nous devions deviner des passages bibliques que d'autres conseillers mimaient (avec accessoires à l'appui), d'où ambiance détendue, bonne entente... Et j’ai appris à ne jamais se décourager, respecter son engagement pris, partager les difficultés, déléguer, écouter, parler en public.
Christiane Iribarren

Engagements d’un Conseil Presbytéral à l’occasion de la liturgie de reconnaissance de son ministère

Cette liturgie veut exprimer notamment la reconnaissance à Dieu, la responsabilité qui est celle d’un Conseil Presbytéral dans notre Église, et l’appel à l’aide du Seigneur. Les engagements qui suivent peuvent sembler exigeants ! La liturgie ne cherche pas à désigner des chrétiens d’élite, encore moins à culpabiliser les uns ou les autres ; c’est bien de la grâce de Dieu que nous vivons tous, dans notre faiblesse !
Éric de Bonnechose

 





Engagements communs à tous les ministères exercés dans notre Église

Vous exercerez le ministère qui vous est confié en accord avec la foi de notre Église et selon les règles de sa vie commune.
Dans la soumission mutuelle, vous travaillerez fraternellement avec tous ceux qui ont part à l'oeuvre du Seigneur.
Vous serez responsables de vos frères et vos soeurs. Vous les encouragerez par toute votre vie. Vous vous garderez de tout ce qui pourrait faire tomber les plus petits. Vous serez discrets dans vos propos.
Vous serez vigilants dans la prière, persévérants dans l'écoute de la Parole, fidèles au repas du Seigneur, assidus aux assemblées de l'Eglise.
Vous poursuivrez votre formation spirituelle, théologique, humaine. Ainsi, vous aurez à coeur de renouveler l'élan de votre ministère.

Engagements particuliers d’un Conseil Presbytéral

 Vous qui êtes appelés à former le Conseil Presbytéral de cette Église, vous porterez ensemble la responsabilité spirituelle et matérielle de la communauté.
Vous discernerez, reconnaîtrez et coordonnerez les ministères que Dieu donne à cette Église pour qu'elle grandisse dans l'amour et soit au sein du monde messagère de l'Evangile.
Vous serez solidaires des décisions que prendra votre Conseil et vous préparerez et appliquerez les décisions des synodes.

Engagements et prière de l’Église locale pour le Conseil Presbytéral

 Ensemble, nous sommes appelés à travailler pour Dieu. Nous prierons pour nos frères et nos soeurs, et nous les soutiendrons.
Nous t'en prions, Dieu notre Père, par Jésus-Christ notre Seigneur, accorde et renouvelle ton Saint-Esprit à nos frères et nos soeurs que nous recevons et établissons comme conseillers presbytéraux dans ton Église.
Donne à ce Conseil d'accomplir humblement et fidèlement le service auquel tu l'appelles, pour qu'il garde ton peuple dans la communion fraternelle, l'unité du corps du Christ et l'accomplissement de sa mission. Amen !
Église du Christ, réjouis-toi pour les ministères que le Seigneur te donne !
Et vous, membres du Conseil Presbytéral, vous n'êtes pas seuls. Réjouissez-vous d'avoir part à l'annonce de l'Evangile ! Le Seigneur est fidèle !

Le « 193 rue Judaïque » vaut bien la visite

Rendez-vous était donné le samedi 18 février (au choix à 10 h ou à 14 h 30).
Après une petite rétrospective de notre guide Monsieur Pierre Coudroy de Lille sur l’histoire des cimetières protestants et quelques chiffres (le cimetière actuel est le 7ème, existe depuis 1826 et s’étend sur 1,5 ha) nous partons sur le terrain.
Nous passons évidemment devant des noms bien connus comme : de Luze, Johnston, Lawton ou Balguerie.
Mais notre guide attire notre regard plutôt sur la décoration des tombes : les avant-bras coupés, la bible ouverte entourée du laurier, le monument inspiré par l’art étrusque en face d’une pyramide (eh oui !), la stèle avec l’ancre et le gouvernail, le flambeau baissé, le joli buste de femme en marbre avec un petit sourire… (vous trouverez les photos en bas sur ce blog)
Saviez-vous qu’il y a 5 maires de Bordeaux et 6 députés enterrés au cimetière protestant ?  Et notre guide nous montre aussi les tombes de quelques personnalités importantes : la tombe du « vénéré pasteur » François Martin avec son portrait, le monument de la famille Bosc, dont Jean-Jacques, les tombes de Ludovic Trarieux (président-fondateur de la ligue des droits de l’homme), d’Hortense Schneider (cantatrice et muse d’Offenbach), de Camille Jullian (historien, philologue et épigraphiste) et de Henri Salmide (Heinz Stahlschmidt, qui sauva le port de Bordeaux pendant la deuxième guerre mondiale).
Mais le plus impressionnant pour moi était l’inscription sur une plaque au mur du fond :                               
Ici reposent les restes mortels de
Jeanne conte
Epouse guestier francois
Decedee a bordeaux en
Dans sa maison
Rue du cerf volant n° 14
Ou le malheur des temps
Oblige son mari
De l’inhumer dans la cave de la dite maison
Ce n’est qu’en 1869
Pres de cent ans apres
Les jours de la persecution pendant lesquels la tombe
Elle-meme n’offrait pas asile
Aux protestants persecutes
Dans leur foi religieuse
Qu’il a ete possible
A un de ses petits-fils
Apres avoir _____________restes
De les placer enfin
Dans le champ du repos


Francois guestier
Decede en 1789
Aprres la promulgation
De l’edit de louis xvi
A pu etre publiquement  porte
Dans sa propriete de begles
Ou d’apres les dispositions de son testament
                                                                Il a ete inhume 


Un grand merci à David Lawton (administrateur du cimetière) pour avoir eu cette bonne idée de faire visiter le cimetière.
Ute Gazzini

Un vrai carrefour œcuménique

Malgré la rude concurrence avec la conférence interreligieuse du 2 février dernier à l'Athénée (annoncée bien tardivement), le carrefour (qui porte bien son nom) s'est interrogé sur « l'autorité dans l'Église », sous la conduite de Serge Ricaud, responsable diocésain de l'œcu-ménisme dans l'église catholique, en présence de Jacques Barnagaud, prêtre, et de Christophe Denis notre pasteur.
Après nous avoir expliqué historiquement la mise en place de l'institution de l'autorité depuis l'origine de l'Église, pour en arriver à Rome et à l'établissement du pouvoir décisionnel, tant sur les orientations que sur les nominations, Serge Ricaud laisse la discussion s'engager.
Et là, ce fut un échange très fraternel, fait de découvertes mutuelles et pendant lequel j'ai compris que le ressenti (pas forcément le vécu) n'était pas si différent dans les deux communautés qu'on pouvait le penser.
Et je voulais surtout vous faire part de l'atmosphère profondément confiante dans laquelle s'est déroulée la réunion.
J'ai été frappée par le questionnement de nos amis et la découverte des réponses que nous leur avons faites. A partir de leurs expériences personnelles, nos intervenants nous ont fait comprendre que, malgré tout, les souhaits des uns ou des autres ne sont pas toujours exaucés et que localement, pour la vie quotidienne, tout reste affaire d'hommes, d'amitiés et d'affinités.
Geneviève Gayet

le "coin" Finances

Soyons fidèles aux dons
et à l’offrande

Avec notre participation financière régulière, nous permettons aux pasteurs d’exercer à plein temps leur service d’Eglise ; sans eux notre Eglise pourrait-elle assurer sa mission ?
Avec notre participation financière régulière, les nombreux bénévoles trouvent en notre Eglise le lieu où donner de leur temps, de leurs talents. L’Eglise devient un lieu de partage.
Avec notre participation financière régulière, notre Eglise peut envisager de nombreux projets et inscrire notre espérance et notre témoignage dans le temps. 
Demain, nous ne voulons pas des temples vides, mais des hommes et des femmes porteurs de la bonne nouvelle !
Mais « que chacun donne, selon ce qu’en a décidé son cœur, car Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Corinthiens 9/7).
Claude Escalettes
Trésorier du Conseil Presbytéral

Connaître les Luthériens en France

Les Luthériens à Paris :
des chapelles d'ambassade
aux premières paroisses

1626. Premier culte luthérien à Paris.
Une église se réclamant de la confession d'Augsbourg s'organise autour du savant pasteur Jonas Hambraeus, professeur de langues anciennes rares. Elle bénéficie de l'hospitalité de l'ambassade de Suède. En 1635, la chapelle de Suède s'ouvre officiellement à tous les Luthériens présents à Paris. La communauté est issue de l'immigration.
1741. Premier culte luthérien en français. Le français est introduit pour la célébration du culte en alternance avec le suédois et surtout l'allemand. Des artisans, souvent aisés, d'origine allemande, avec des noms connus dans l'ébénisterie, la bijouterie, l'imprimerie sur tissus et d'autres métiers d'art, y affluent.
1746. L'ambassade du Danemark ouvre aussi sa chapelle. Une seconde communauté luthérienne y grandit. Cette communauté d'immigrants souvent plus modestes reste germanophone.
XVIIIème siècle. Un premier hôpital parisien pour tous les protestants, souvent refusés par les autres établissements, se met en place par étapes (aide de Madame de Staël, épouse de l'ambassadeur de Suède).
La Révolution. Les cultes continuent grâce à l'immunité des ambassades, même sous la Terreur, grâce au courageux pasteur Carl Gambs à la chapelle de Suède, et au pasteur de la chapelle du Danemark.
1806-1810. Fin des cultes dans les ambassades scandinaves. Un décret interdit aux citoyens français de fréquenter les chapelles étrangères. Celle de l'ambassade de Suède, fermée en 1806, aura vécu 180 ans ; celle du Danemark, à l'existence plus courte, est fermée en 1810.
1808. Création du consistoire luthérien. Napoléon autorise une église consistoriale relevant de la confession d'Augsbourg pour le département de la Seine et les départements voisins.
1809. Création de la paroisse des Billettes. L'église des Billettes, rue des Archives dans le Marais, ancien établissement conventuel (avec un cloître médiéval miraculé) est mise à la disposition du consistoire par la ville de Paris.
1843. Création de la paroisse de la Rédemption. Un second lieu de culte est affecté au consistoire par la ville de Paris. L'église de la Rédemption, ancienne halle d'octroi, rue Chauchat dans le 9ème arrondissement, est inaugurée en présence de la duchesse d'Orléans, épouse de l'héritier du trône, fervente luthérienne.
1845. Création de la Mission intérieure à l'intention des ouvriers allemands établis dans la région parisienne.
(à suivre)
 Olivier Poujol

La demande du bonheur

Conférence de Hervé de Saint-Affrique, le jeudi 16 février 2012 au Centre Hâ 32
La demande du bonheur, une demande d’amour, une demande de désir ?
Une demande motive-t-elle le contact avec un psy-« quelque chose » et quelle demande ? Hervé de Saint-Affrique, psychiatre et psychanalyste, en est convaincu.
Il s’attarde peu sur l’approche psychiatrique de la question dont il dénonce les méfaits des prescriptions médicamenteuses outrancières et son asservissement à la logique des marchés des laboratoires pharmaceutiques et des investisseurs. L’enjeu économique est considérable : en dehors de « la pilule du bonheur, point de salut », mais elle ne répond pas à la demande de bonheur.
D’ailleurs est-elle réelle, cette demande de bonheur ?
En psychanalyse, une demande implique que quelqu’un s’adresse à quelqu’un d’autre. D’où la fonction suprême de la parole et du langage (Lacan, 1953). Le langage, préalable à la venue au monde d’un enfant, est l’axiome de la psychanalyse lacanienne. L’enfant est positionné entre le « grand Autre », le lieu du langage et du « petit autre », ses semblables. Dans sa relation primordiale à ses parents, l’enfant incorpore à son insu les équivoques du langage du « petit autre ». Deux conséquences : la première, l’enfant prend position et des marques indélébiles constituent un assujettissement de son inconscient à ce qui l’aura marqué. L’inconscient procède du langage. La deuxième conséquence est que tous les besoins de l’enfant vont être dénaturés. En passant par le langage, nous perdons une partie de notre vie.
La demande s’inscrivant dans le langage, elle est le « fléau » (Hervé De Saint-Affrique) de la condition humaine, parce que, de fait, il n’y a jamais véritablement communication. Le malentendu est la règle. L’émetteur ne sait ce qu’il a dit que lorsqu’il y a accusé de réception par le récepteur. Pour résoudre ce malentendu, on fait appel au « grand Autre » qui est la langue commune. Il existe donc un intervalle entre ce qui est dit et ce qui est entendu. Dans cet intervalle, Lacan loge « le désir » du point de vue de la structure du langage ou ce qui échappe dans une demande, autrement dit, l’inconscient. C’est incompatible avec la parole et pourtant, c’est ce qui fait qu’on parle. Le désir est alors insatiable.
Pour cette raison, le psychanalyste (freudien ou lacanien) laisse parler ses sujets. Par expérience clinique, le sujet systématiquement évoque quelque chose qui cloche dans ses relations à un « petit autre ». Cette « clocherie » entre êtres sexués est la cause de symptômes et à l’origine d’une demande d’amour.
Et plus qu’une demande de bonheur (personne ne sait ce qu’est le bonheur, Hervé de Saint-Affrique), le sujet attend du psychanalyste une réponse à sa demande d’amour, de désir (inconscient). Dans l’impossibilité d’en donner une, la psychanalyse permet plutôt au sujet de trouver des clés pour mieux vivre dans son rapport avec son propre désir.
Sylvie Lacoste

Centenaire de Jacques Ellul au Centre culturel Hâ 32

Du 14 au 17 mars 2012, le Centre culturel Hâ 32 marque le centième anniversaire de la naissance de Jacques Ellul par une série de manifestations.
Un accent est mis sur la dimension théologique et ecclésiale de son œuvre, qui sera peu abordée lors d’autres manifestations prévues cette année à Bordeaux. L’approche en sera à la fois compréhensive et critique, dans le cadre d’un samedi théologique et d’une rencontre d’un nouveau type, l’apéro théo.
En ouverture, deux conférences portent un regard actuel sur deux aspects centraux de la pensée de Jacques Ellul : l’omniprésence de la technique dans la société contemporaine et les conséquen­ces environnementales du déve­loppement économique et technique.

·       Mercredi 14 mars à 20h30 : La démocratie en échec. Qui maîtrise la société technicienne ? Conférence de Daniel Compagnon, Professeur à l’Institut d’études politiques de Bordeaux.
·       Jeudi 15 mars à 19h30. Bonheur et crise écologique. Conférence de Simon Charbonneau, Maître de conférence en droit de l’environnement, (suivie d’un buffet sur inscription).
·       Vendredi 16 mars, de 18h30 à 20h. Jacques Ellul : Fausse présence au monde moderne (1964). Apéro théo : introduction et débat, avec Nicolas Cochand, Docteur en théologie, Pasteur-animateur du Centre Hâ 32.
·       Samedi 17 mars, de 9h30 à 13h Jacques Ellul : La subversion du christianisme (1984). Samedi théologique sur la critique de l’Église. Conférence introductive, ateliers, synthèse, avec Nicolas Cochand, Docteur en théologie, Pasteur-animateur du Centre Hâ 32.

Les échos du CP

Séance du 14 février 2012

Le Conseil Presbytéral s’est réuni le 14 février 2012 à Bordeaux-Bastide, sous la présidence de Valérie Mali.
Eric de Bonnechose conduit la méditation sur le thème du Psaume CXXXIII : « Ah qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble, dans l’unité, la prière, par l’Esprit qui rassemble… »
Tout le Conseil se réjouit du retour de Gérard Personne, qui avait été gravement blessé dans un accident. Il redit sa sympathie à Nicolas Rothé.
Avec beaucoup d’émotion, Nina Liberman, Stéphane Rémy et Yves Chambaud témoignent des obsèques de Frank Bourgeois, qui se sont déroulées avec solennité aux Invalides.
Il est ensuite fait lecture de nombreux comptes-rendus du Conseil Presbytéral qui sont validés :
·       Séance du 6 janvier au cours de laquelle a été faite l’évaluation du ministère de Claude Gillet,
·       Séance du 11 janvier lors de laquelle Anne Miller a fait acte de candidature pour le poste d’aumônier des hôpitaux, candidature qui a été acceptée,
·       Séance ordinaire du 17 janvier,
·       Séance du 31 janvier avec évaluation du proposanat de Nina Liberman.
Les notes du bureau du 3 février sont ensuite examinées et un vote à l’unanimité entérine la nouvelle tarification des concessions au cimetière protestant.
Il est décidé de réexaminer le cahier des charges de la commission visibilité.
Un bilan est fait des différentes assemblées locales qui se sont tenues. Malgré la neige et le froid, plusieurs assemblées ont bien eu lieu, les repas ont été très conviviaux et un renouvellement certain se manifeste dans plusieurs communautés locales.
Nicolas Cochand, au nom du Centre Hâ 32, rappelle que le centenaire de Jacques Ellul sera célébré par quatre manifestations consécutives, les 14, 15, 16 et 17 mars, pour évoquer quelques aspects critiques de la réflexion du penseur bordelais.
Du point de vue des finances, le résultat 2011 sera positif, grâce au legs « Bertrand » notamment. Mais la situation s’aggrave et de nouvelles dépenses sont à assumer.
Le Conseil s’achève avec l’annonce des Journées de l’Aumônerie Francophone qui se tiendront à Bordeaux en octobre 2012.

Catherine Bouscharain

Les échos du CP (suite)

Compte-rendu des trois séances « extraordinaires » du Conseil Presbytéral de janvier 2012

Le mois de janvier a été pour les conseillers presbytéraux, un mois bien chargé, puisqu’en plus de la séance ordinaire du 17 janvier, nous avons eu trois séances «extraordinaires ».
·       La première de ces séances s'est tenue le 10 janvier 2012 pour examiner le terme du mandat du ministère à Bordeaux-Sud-Ouest (Talence) de Claude Gillet au 30 juin 2011. A la question « Pensez-vous souhaitable une poursuite du ministère de Claude Gillet sans limitation de durée ? », le Conseil a répondu « oui » à la majorité. Nous aurons donc le plaisir de l’avoir encore parmi nous pour deux ou trois ans selon son souhait.
·       Lors de la deuxième séance, le 11 janvier 2011, nous recevions une candidate, qui souhaite un changement de poste, pour le remplacement d’Yves Chambaud, aumônier des hôpitaux publics, qui prend sa retraite le 30 juin 2011. Anne Miller-Lauprete, aumônier des hôpitaux publics de Paris est venue nous rencontrer pour poser sa candidature. A la question « Etes-vous d’accord pour faire appel à Anne Miller-Lauprete pour le poste de Bordeaux 9, poste d’aumônier des hôpitaux publics ? », le Conseil a répondu « oui » à la majorité. Il reste à étudier les conditions de son arrivée avec l’hôpital (salaire, hébergement,..) pour que son arrivée soit confirmée pour le 1er juillet 2012. Nous aurons donc la joie de faire connaissance avec elle dès la rentrée prochaine.
·       La troisième séance, le 31 janvier 2011 était pour l’entrée dans le ministère pastoral de Nina Liberman, qui arrivera en juin 2011 au terme de ses deux années de « proposanat » sur le poste avec deux mi-temps : la desserte du secteur du Nord Médoc et l’accompagnement du Diaconat. Le conseil a eu à répondre à 3 questions.
« Le ministère assuré par la candidate pendant le proposanat, s’est-il exercé dans le respect des priorités définies au préalable ». La réponse unanime du Conseil a été « oui ».
« Etes-vous d’accord pour transmettre à la Commission des Ministères un avis positif pour l’admission du candidat comme ministre de l’Eglise Réformée de France ? ». La réponse unanime du Conseil a été « oui ».
« Si la Commission des Ministères l’admet comme ministre de l’ERF, souhaitez- vous que son ministère se poursuive parmi vous ? ». La réponse de tous a été « oui ».
C’est donc une très bonne nouvelle, pour nous tous, de voir Nina Liberman poursuivre son ministère parmi nous et donner suite à tous les projets qu’elle a initiés.  Sachons l’accompagner, la soutenir, la préserver pendant les trois années au minimum qu’elle exercera parmi nous, de juillet 2012 à juin 2015, si la Commission confirme, vers la mi-mars, notre avis favorable.
Annie Brouwer Moreau

calendrier et feuille frigo

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