Quand j’étais enfant et que nous allions au temple, au moment des chants ma mère me faisait toujours de gros yeux car je chante faux !
Pourtant quelques années après, nous avions pris l’habitude de chanter à tue-tête des cantiques dans la voiture. Aujourd’hui je me souviens avec émotion de ces moments où nous riions aussi beaucoup.
Je me souviens aussi de la voix de ma grand-mère qui, de temps en temps, alors qu’elle n’allait plus au culte, fredonnait « J’ai soif de ta présence »... ou « Comme un cerf altéré brame »....
Dans le ministère, le chant vient comme une grâce, dans les visites aux personnes âgées qui ne se souviennent plus de leur âge, ni de celui de leurs enfants, qui ne comprennent pas toujours très bien qui je suis, mais qui, dès que j’entonne un cantique, ont le visage qui s’illumine et fredonnent avec moi.
Dans la solitude, chanter des cantiques me donne les mots qui me manquent pour exprimer ma colère, ma joie, ma reconnaissance. Ils me guident, me laissant à ma seule joie de pouvoir mobiliser et projeter au-delà de moi, une énergie bénéfique.
Nina Liberman
