Une nouvelle chronique pour cette année,
pour mieux connaître nos frères et amis luthériens,
et réviser nos fondamentaux avant l'union de 2013 !
Les idées de Luther se répandent dans le royaume de France dès 1520. Elles vont renforcer, amplifier, dépasser, un courant évangélique humaniste amorcé à Saint-Germain-des-Près : autour de Lefèvre d'Etaples, cours sur les épîtres de Saint Paul et groupe de Meaux, autour de l'évêque Guillaume Briçonnet.
Les écrits de Luther se répandent par les hommes et par l'imprimerie. Guillaume Farel, membre du cénacle de Meaux, les lit et en répand l'esprit. Il voyage et aurait visité Bordeaux en 1523 avant de se réfugier à Bâle. La Sorbonne condamne les écrits de Luther comme hérétiques (sans cesse à dater de 1521), mais, traduits en français dès 1524 et imprimés à Paris, Alençon, Lyon et surtout hors de France par des libraires installés aux portes du royaume, ces textes circulent clandestinement.
Les premiers protestants appelés « luthériens » sont des « intellectuels », clercs, maîtres d'école, étudiants, hommes de robe, imprimeurs, mais aussi des gens de métier et de petites gens : cardeurs de laine, ouvriers du livre, artisans du textile et du cuir.
Un magistrat bordelais, gagné d'abord à l'évangélisme puis revenu avec passion à l'église de ses pères, Florimond de Raimond, publie en 1605 une Histoire de la naissance, progrès et décadence de l'hérésie dans le siècle, où il décrit de façon exaspérée et colorée ces premiers « mal pensants ».
Les premiers « mal pensants », condamnés et brûlés pour crime d'hérésie étaient qualifiés de membres de la « secte luthérienne ». Le premier martyr de la Réforme française fut le Normand Jean Vallière, moine augustin mené au bûcher à Paris comme luthérien en 1523. En 1546, à Meaux, où la première église protestante de France est dressée, 14 « luthériens », dont le pasteur, arrêtés au cours d'un culte de Sainte-Cène furent brûlés le même jour.
(A suivre)
Olivier Poujol
