« Dieu veille sur nous et Jésus nous appelle à veiller »


Veiller-veilleur-veille-vigilance : Nombreux sont les versets bibliques qui évoquent cette qualité « de celui qui veille avec beaucoup de soin à ce qu’il doit faire », qualité par excellence qui renvoie en tout premier lieu à l’évocation de la « vigilance de l’Eternel ». On la retrouve citée, cette qualité, dans bien des pages de l’Ancien Testament, exaltée dans les Prophètes et les Psaumes. Vigilance de l’Eternel à l’égard d’Israël, lui recommandant la sagesse (Proverbes 8/34) pour assurer sa vie (Jérémie 1/12) pour obtenir le salut (Esaïe 56/2).
« Dieu veille » mais requiert de la part du croyant cette attitude juste à l’égard de soi comme à l’égard du monde. Être veilleur, c’est demeurer attentif à la façon d’assurer l’espérance au cœur des réalités de ce monde. Le veilleur prend son tour de garde jusqu’à l’aube et doit se prémunir du nécessaire pour alimenter la lampe ; il en va de même pour le croyant qui doit se prémunir du nécessaire pour alimenter sa foi.
Ne nous étonnons pas de retrouver dans les pages du Nouveau Testament l’exhortation évangélique fondée sur la vigilance : « il faut être vigilant pour ne pas succomber à la tentation » (Matthieu 26/38), « être prêt pour ne pas être surpris à l’heure de notre arrivée » (Luc 12/37).
La vigilance participe à la vie spirituelle du croyant comme le souligne l’apôtre Paul à Timothée : « Soyez vigilant en toutes choses », c’est la condition de l’affermissement de la foi ».
De cette exhortation évangélique naquirent « les vigiles », usage chrétien à partir du IIème siècle, pour passer dans la veille et la prière la nuit qui précède les fêtes de Pâques et de Pentecôte, en écho au Psaume 119, « Je me lève la nuit pour te célébrer », et surtout dans l’imitation du Christ priant dans la nuit.
Le Vendredi Saint et la veillée de Noël sont les derniers vestiges des « vigiles » des temps anciens de l'Église.
« Jésus nous appelle à veiller » : en l’absence du maître, la vigilance n’est pas de l’ordre du facultatif mais reste aussi urgente que nécessaire. Les moyens que le Seigneur nous a confiés, nous les avons entre nos mains : la prière et notre part au service de l’Evangile. Et c’est bien en toutes circonstances qu’il nous faut garder les yeux ouverts pour discerner et ne rien figer, pour que la conscience demeure en alerte, pour que la foi soit en mouvement dans la conviction d’une espérance à transmettre. C’est en cela que la vigilance chrétienne est un « chemin de prières », jamais clos et définitif, où l’Evangile nous met en alerte sur nos manières de vivre et de penser, dans la construction sociale respectueuse de la dignité de chacun. « Veillez et priez »
Pasteur Valérie Mali